Salaire minimum et prêts immobiliers : quelles conséquences réelles ?

Au 1er janvier 2021, la rémunération au salaire minimum en France concernait environ 12 % de l’emploi salarié. De fait, pour des prêts immobiliers, ces travailleurs bénéficient d’une condition presque défavorable auprès des banques. Quel est alors l’impact du salaire minimum sur les prêts immobiliers ? Éléments de réponse dans cet article.

Que savoir de la revalorisation du salaire minimum et ses effets sur le crédit immobilier ?

Depuis le 1er janvier 2021, le salaire minimum a été revalorisé, passant à 1 554,58 € brut par mois, soit 10 centimes de plus par heure et une hausse de 15 €. Pour de nombreux ménages aux revenus modestes, ce sursaut, bien que modeste, allège légèrement la pression sur le budget. Cette amélioration, si elle est accompagnée d’une baisse des taux de crédit, peut aussi élargir l’accès à l’emprunt immobilier. En un clin d’œil sur la décennie passée, un emprunteur au SMIC pouvait espérer obtenir 67 000 € en 2011 ; ce montant grimpe aujourd’hui à près de 102 000 €, grâce à une chute spectaculaire des taux d’intérêts moyens (de 4 % à 1,28 %).

La capacité d’emprunt maximum, autrefois plafonnée à environ 33 % du salaire, s’étend désormais jusqu’à 52 %. Cette évolution s’explique autant par la baisse des taux que par l’ajustement du SMIC. Toutefois, la dynamique ne s’est pas arrêtée là. Depuis le 1er mai dernier, le salaire minimum bénéficie d’une nouvelle hausse de 2,65 %, atteignant 1 645,58 € brut mensuel (soit 10,85 €/heure). Une progression principalement liée à l’augmentation du coût de la vie mesurée entre novembre 2021 et mars 2022.

Quel impact du salaire minimum sur l’accès au crédit immobilier ?

Malgré l’augmentation récente, le salaire minimum ne facilite pas franchement l’accès à des conditions d’emprunt avantageuses. Les banques, pour accorder un crédit, attendent des candidats une série de garanties. On pense d’abord à l’apport personnel, mais aussi au reste à vivre minimal après paiement des mensualités, et à la différence, souvent mince, entre l’ancien loyer et la future échéance du prêt.

Les courtiers le constatent : la revalorisation du SMIC, sur dix ans, n’a pas dépassé les 20 %. Or, dans le même temps, les prix de l’immobilier, eux, ont grimpé de plus de 50 % sur certains marchés. Le résultat, c’est un accès au crédit qui reste tendu, surtout depuis que la tendance des taux repart à la hausse. Les emprunteurs modestes voient leurs marges de manœuvre se réduire, même si la pression sur les prix commence à se tasser.

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Quel montant emprunter avec un salaire minimum selon le taux d’endettement ?

La somme à laquelle un salarié au SMIC peut prétendre dépend avant tout de sa situation : est-il seul ou en couple ? Voici les scénarios possibles, pour mieux se projeter.

Emprunter seul avec le salaire minimum

Pour une personne rémunérée au SMIC, avec un salaire net mensuel d’environ 1 310 € avant impôts, la mensualité maximale tolérée par la banque tourne autour de 458 €. Ce plafond conditionne directement le montant du prêt, en fonction de la durée choisie. Quelques exemples concrets :

  • Un taux d’emprunt de 2,53 % sur 15 ans permettrait d’obtenir 68 500 € ;
  • À 2,78 % sur 20 ans, le prêt grimpe à 84 200 € ;
  • Pour 2,83 % sur 25 ans, l’enveloppe atteint 98 400 €.

En résumé, même avec un salaire minimum, il reste possible de financer un projet immobilier, dans la limite de ces montants. Mais cela suppose de porter seul l’ensemble de l’emprunt.

Emprunter à deux avec le salaire minimum

Si l’emprunteur se lance avec un conjoint ou un co-emprunteur au même niveau de revenus, la capacité d’emprunt s’envole. Les revenus cumulés s’élèvent alors à 2 620 € net, doublant d’emblée le plafond de la mensualité maximale à 916 €. Voici quelques repères pour différents taux et durées :

  • À 2,53 % sur 15 ans, le couple pourrait solliciter 137 000 € ;
  • À 2,78 % sur 20 ans, le crédit atteindrait 168 500 € ;
  • Pour 2,83 % sur 25 ans, la banque pourrait accorder jusqu’à 196 800 €.

Quel que soit le contexte, le salaire reste l’un des critères majeurs pour déterminer la faisabilité d’un crédit immobilier. Les banques le scrutent de près, mais il n’est pas le seul paramètre à entrer en ligne de compte. Reste à composer avec l’apport, la stabilité professionnelle, ou encore le niveau d’endettement global.

Au final, la trajectoire du salaire minimum, même ponctuée de hausses, ne suffit pas à ouvrir toutes les portes du crédit immobilier. Les règles du jeu changent vite, mais une chose reste sûre : sur le marché, chaque euro gagné ou perdu pèse lourd dans la balance, et façonne les rêves de propriété de milliers de ménages.